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CONCEPT

Dernier week-end de mars, peu après l’équinoxe de printemps. Le jour et la nuit se partagent équitablement les 24h de la journée :

« Le soleil vient de se lever. Pourtant, la forêt de Chaumont ne m’a jamais semblé aussi lugubre. Une petite pluie fine s’abat sur nous, alors qu’une grosse masse nuageuse camoufle le sommet de la colline.

Nous sommes 30 « chanceux », agglutinés sur une minuscule ligne de départ, et sélectionnés pour en découdre sur ce parcours sans ligne d’arrivée, dont la pente peut dépasser les 50 %. J’ai pour voisin un grand costaud qui ne sent pas la rose, et une petite freluquette qui devrait rapidement s’échapper au fur et à mesure que la pente augmentera…

Comme je n’ai pas pris le temps de faire une reconnaissance de la boucle, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. J’ai réservé ma journée et je suis prêt à courir pendant des heures, mais peut-être que dans 30 minutes, tout sera déjà terminé pour moi. Quant à l’allure à laquelle partir, je n’en ai pas la moindre idée… Heureusement, un meneur d’allure nous accompagnera pour la 1ère boucle. Il nous a conseillé de monter en moins de 18 minutes, afin de se laisser le temps de faire une descente prudente, et pourquoi pas, luxe suprême, de se ravitailler un peu avant d’entamer la boucle suivante.

Toutes ces préoccupations se bousculent dans ma tête, quand d’un seul coup, je me rends à peine compte que le départ est donné ! Je comprends immédiatement pourquoi les organisateurs ont limité cette course à 30 participants : nous attaquons sur un petit single où les dépassements ne seront pas aisés. De plus, au vu du concept de la course, le peloton reste inhabituellement groupé, au lieu de s’étirer rapidement, comme dans les autres compétitions.

Je garde en point de mire le meneur d’allure que je reconnais à son gilet jaune. Il doit être à une dizaine de mètres devant moi et donne un rythme déjà très soutenu. La pente augmente, il ne ralentit pas… Je serre les dents pour rester au contact. Je panique un peu : je voulais partir pour des heures de course, et je suis déjà à l’asphyxie alors que mon chrono n’en est pas encore à 8 minutes !

Ma montre indique 17min45 lorsque nous basculons sur la descente. Je reprends peu à peu mon souffle mais je dois rester extrêmement concentré : le rythme proposé par le meneur d’allure reste élevé et nous sommes toujours très proches les uns des autres.

À 28 minutes, perdus en pleine forêt de Chaumont, je me demande si nous n’allons pas tous être éliminés au 1er tour… Mais je fais confiance au meneur d’allure, et j’ai raison : je vois enfin arriver la petite route goudronnée, puis la ligne d’arrivée, ou plutôt, la ligne du prochain départ.

Des coureurs sont déjà là depuis une ou deux minutes. Ils auront eu le temps de souffler un peu et de boire un coup… Ce ne sera pas mon cas ! Dans moins de 10 secondes le prochain départ sera donné. Je vois des retardataires courir comme des dératés sur la route goudronnée pour tenter de passer la ligne à temps… Pour eux comme pour quelques autres encore masqués par la forêt, l’aventure est déjà terminée. Mais pas le temps de s’apitoyer sur leur sort, le départ de la 2ème boucle vient d’être donné... »

Le même jour, en milieu d’après-midi :

« 3 montées auront eu raison de moi… et de beaucoup d’autres. Je comprends enfin le sens de la chanson : 3 petits tours et puis s’en vont. Je suis changé et douché depuis longtemps. J’ai même pu rentrer à temps pour prendre le petit-déjeuner avec ma femme et mes enfants !

Nous venons d’apprendre que le vainqueur, qui courait seul depuis midi, a lui aussi fini par déposer les armes. Cette année, personne ne relèvera donc l’impossible défi proposé par les organisateurs, à savoir, tenir jusqu’au coucher du soleil, et parcourir 24 boucles en 12h, pour une distance de presque 80km et surtout, l’altitude de l’Everest en guise de dénivellation positive ! »

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